Le son à l'archet.
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ART. 7. — Les récompenses instituées à l'article 6 sont réparties comme il suit entre les quatre sections des beaux-arts qui correspondent aux classes du 4 "" groupe.
1'" SECTION. — Classes 4 et 2 réunies : 8 grands prix , 15 premiers prix, 20 deuxièmes prix , 24 troisièmes prix.
2e SECTION. — Classe 3 : 4 grands prix, 8 premiers prix , 12 deuxièmes prix , 12 troisièmes prix.
3° SECTION. •••• Classe 4 : 3 grands prix, 6 premiers prix, 8 deuxièmes prix, 6 troisièmes prix.
4" SECTION. — Classe 5: 2 grands prix , 3 premiers prix, 4 deuxièmes prix , 4 troisièmes prix.
ART. 8. — Le jury pour le groupe des oeuvres d'art comprend soixante-trois membres.
La proportion numérique des membres français et étrangers, dans chacune des quatre sections , est indiquée par le tableau A annexé au règlement.
1. Classe 82 Moteurs, générateurs et appareils mécaniques spécialement adaptés aux besoins de l'exposition. — Classes 67 à 73 : 7. groupe, Aliments à divers degrés de préparation. — Classes 74 à 82 : 8e groupe, Produits vivants et spécimens d'établissements de l'agriculture. — Classes 83 à 88 : 9e groupe, Produits vivants et spécimens d'établisse-
ments de l'horticulture. — Classe 95 : Instruments et procédés de travail spéCiatix aux
ouvriers chefs de métier.
Id LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Les membres français dés quatre sections sont nommés par la commission impériale parmi les membres du jury d'admission. lis seront choisis, en nombre égal , sur chacune des trois listes qui auront concouru à la formation de ce jury, institué conformément à la décision du 12 mai 4866.
Les exposants ayant accepté les fonctions de membre du jury international pour les oeuvres d'art ne sont pas exclus du concours pour les récompenses. Chacune des quatre sections est présidée par un de ses membres , choisi par la commission impériale. Deux des présidents sont Français.
ART. 9. — Les quatre sections peuvent se réunir pour proposer, s'il y a lieu, des modifications à la répartition des récompenses, telle qu'elle est établie l'article 7.
La commission impériale désigne un de ses membres pour présider les quatre sections réunies.
TITRE III.
DISPOSITIONS SPÉCIALES CONCERNANT LES NEUF GROUPES DES PRODUITS
DE L'AGRICULTURE ET DE L'INDUSTRIE.
ART. 10. •^ Les récompenses mises à la disposition du jury international , pour les produits de l'agriculture et de l'industrie, sont réglées comme suit :
Grands prix et allocations en argent d'une valeur totale de deux cent cinquante mille francs (969,000 fr.);
Cent médailles d'or d'une valeur de mille francs chacune;
Mille médailles d'argent ;
Trois mille médailles de bronze ;
Cinq mille mentions honorables, au plus.
Toutes les médailles ont le même module.
ART. 11.- Les grands prix sont destinés à réconmenser le mérite des inventions ou des perfectionnements qui ont apporté une amélioration considérable dans la qualité des produits ou dans les procédés de fabrication.
ART. 12. — L'attribution des récompenses instituées à l'article 10 pour les neuf groupes de l'agriculture et de l'industrie résulte des opérations successives de jures de classe, de jurys de groupe et d'un conseil supérieur.
ART. 13. — La proportion numérique des membres français et étrangers, dans chacun des jurys de classe , est fixée par le tableau A annexé au présent règlement.
ART. 14. — Chaque jury de classe se réunit à partir du le' avril 1867.
Dans sa première réunion, il nomme un président, un vice-président et un secrétaire. Il nomme ultérieurement un rapporteur, dont l'élection doit avoir lieu avant le 10 avril.
ART. $5, — Les jurys de classe peuvent s'adjoindre des associés ou des experts choisis soit parmi les antres classes du jury international, soit en-dehors de ce
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 4/
jury : dans ce dernier cas, la nomination de l'associé ou de l'expert doit être approuvée par la commission impériale.
ART. 16. — Les exposants qui ont accepté les fonctions de membres du jury international sont, par ce seul fait, mis hors de concours pour les récompenses.
Les exposants adjoints à un jury de classe, à titre d'associés ou d'experts, sont également exclus du concours, en ce qui concerne les produits de la classe où ils sont appelés à donner leur avis.
Toutefois la commission impériale se réserve d'autoriser certaines exceptions aux exclusions mentionnées dans les paragraphes précédents.
Anr. 17. — Les commissions étrangères sont invitées à désigner , auprès de chacun des jurys de classe, des délégués chargés de fournir tous les renseigne_ ments de nature à éclairer le jury, en ce qui touche les exposants de leur pays. Le domicile de ces délégués devra être notifié à la commission impériale avant le 20 mars 1867.
Les mêmes fonctions, pour la section française , sont remplies auprès de chaque jury de classe par le comité d'admission correspondant.
ART. 18. — Du 1 er au 14 avril , chaque jury de classe des groupes 2, 3, 4, 5, 6 et 10 procède à l'examen des produits, et fait, sans distinction de nationalité, le classement des exposants qui lui paraissent dignes de récompenses.
Le jury de classe dresse ensuite la liste des exposants qui, par application de l'article 16, se trouvent mis hors de concours, et propose les exceptions qu'il juge nécessaires.
Il classe enfin, sans distinction de nationalité, les collaborateurs, contre- manses et ouvriers qu'il croit devoir signaler, soit pour des services rendus à l'agriculture ou à l'industrie , soit pour leur participation à la production d'objets remarquables figurant à l'exposition.
Les listes de classement , revêtues de la signature des membres qui ont pris part au travail, seront déposées par le rapporteur au commissariat général, au plus tard le 14 avril 4867.
Les jurys de classe des classes 52 et 95 fournissent seulement les renseignements nécessaires pour fixer le nombre des récompenses qu'il convient d'attribuer à ces classes, et proposent les associés qui doivent les seconder pour Vexa, men permanent que réclame la nature des objets exposés.
Si un jury de classe n'avait pas présenté, le 14 avril, les listes indiquées cidessus,la commission impériale pourvoirait d'office à l'établissement de ces listes. ART. 19. — Du 10' au 14 avril , chaque jury de classe des groupes 7, 8 et 9 dresse la liste des associés dont il demande l'adjonction pour l'examen successif des produits pendant la durée de l'exposition, et fournit les renseignements nécessaires pour fixer le nombre des récompenses.
ART. 20. — Les présidents et rapporteurs des jurys de classe sont les membrés des jurys de groupe ; les présidents sont , en cas d'absence, remplacés par les vice-présidents.
Un président et deux vice-présidents sont nommés, en dehors de ces membres, pour chaque jury de groupe.
La répartition des présidents et vice-présidents des jurys de groupe entiu'les
18 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
différentes nations est fixée par le tableau H annexé au présent règlement (colonne b et e).
Conformément à l'article 3, les présidents et vice-présidents français sont nommés directement par la commission impériale; les étrangers sont désignés par les commissions nationales étrangères.
Le secrétaire de chaque jury de groupe est nommé par la commission irdpériale.
Aar. 21. — Du 45 au 28 avril , chaque jury de groupe des groupes 2 , 8 , 4, 5, 6 et 10 examine les réclamations qui sont de sa compétence, arrête les listes de classement dressées par les jurys de classe, et inscrit en- regard de chaque nom la récompense qu'il propose d'accorder. Pour les classes 52 et 95, il arrête seulement le nombre des récompenses.
Il s'adjoint successivement chaque jury de classe pour les délibérations qui le concernent. Les membres ainsi adjoints ont voix délibérative.
Ces premières opérations des jurys de groupe doivent être terminées, et le résultat doit en être remis au commissariat général le 98 avril au plus tard. Si les travaux ne sont pas achevés dans ce délai, la commission impériale y Fuir- voit d'urgence.
ART. 22. — Du 15 au 28 avril , chaque jury de groupe des groupes -/ , 8 et 9 arrête les listes d'associés dressées par les jurys de classe, et remet au commissariat général les propositions relatives au nombre de récompenses qu'il convient d'attribuer à chaque classe.
ART. 23. —Les présidents et vice-présidents des jurys de groupe sont appelés à constituer le conseil supérieur du jury.
La présidence de ce conseil appartient à t'un des vice-présidents de la coin- mission impériale.
Les fonctions de secrétaire sont remplies par le secrétaire et le secrétaire adjoint de la commission impériale.
ART. 24. — Du 29 avril au 5 mai, le conseil supérieur répartit entre les divers groupes le nombre total des récompenses.
Le conseil peut, s'il parait utile d'augmenter le nombre des médailles, proposer à la commission impériale de prélever, à cet effet, 30,000 francs au maximum, sur la somme affectée aux grands prix et aux allocations en argent. Ces travaux du conseil supérieur doivent être terminés le 5 mai au plus tard. AFIT. 25. — Un rapport sur l'exposition des produits de l'agriculture et de l'industrie sera publié sous la direction ét la surveillance d'un comité dont les membres seront nommés par la commission impériale, sur la proposition du conseil supérieur.
ART. 26. — Du G au 12 mai , chacun des jurys de groupe mentionnés à l'article 91 répartit entra les classes qui le concernent les récompenses fixées par le conseil supérieur.
Le résultat de ce travail est rends au commissariat général le 14 mai au plus tard.
Awr. 27, — Pendant toute la durée de l'exposition, la commission impériale norrtne tous les quinze jours les associés temporaires chargés de seconder les
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE, 49
jurys de classe dans l'examen des produits, procédés ou instruments de travail des classes 67 à 88, présentés à l'exposition pour le concours de la quinzaine correspondante.
Ces associés sont choisis d'après les listes arrêtées conformément à l'article 22. Dès le second jour de chaque quinzaine, chaque comité temporaire, formé des jurés et des associés , classe les exposants , collaborateurs et ouvriers qu'il juge dignes de récompenses , et les range en quatre catégories, sous les titres : premiers prix, seconds prix, troisièmes prix, mentions honorables, de concours partiel. Cette liste pourrn être immédiatement rendue publique.
Anr. 28. — Du 15 au 20 octobre, les jurys de groupe des groupes 7, 8 et 9, d'après les relevés des prix et des mentions honorables attribués par les comités temporaires, en conformité de l'article précédent, dressent pour chaque classe la liste d'ensemble des exposants, ainsi que celle des collaborateurs et ouvriers, et décernent les récompenses que le conseil supérieur a mises à leur disposition. Le diplôme porte un rappel des prix et mentions que les divers comités temporaires ont attribués au lauréat pendant la durée de l'exposition.
ART. 29. — Les jurys de classe des classes 52 et 95 présentent le 20 octobre au plus tard , à la commission impériale, les propositions relatives aux récompenses que le j ury de groupe leur a réservées.
La commission impériale statue irriméd internent sur ces propositions.
TITRE IV.
DISPOSITIONS SPÉCIALES CONCERNANT UN NOUVEL ORDRE DE RÉCOMPENSES.
ART. 30. —Un ordre distinct de récompenses est créé en faveur des personnes, des établissements ou des localités qui, par une organisation ou des institutions spéciales, ont développé la bonne harmonie entre tous ceux qui coopèrent aux mêmes travaux, et ont assuré aux ouvriers le bien-être matériel, moral et intellectuel.
Ces récompenses comprennent : dix prix d'une valeur totale de cent mille francs (100,000 fr.), et vingt mentions honorables.
Un grand prix indivisible de cent mille francs (100,000 fr.) pourra être en outre décerné è la personne, l'établissement ou la localité qui se distinguerait, sous ce rapport, par une supériorité hors ligne.
ART. 31. —Un jury spécial- apprécie • les mérites qui sont signalés pour cet ordre de récompenses et détermine la quotité des prix et la forme sous laquelle ils sont décernés.
La présidence de ce jury appartient à l'un des vice-présidents de la commission impériale.
Le nombre total des membres est fixé à vingt-cinq, y compris le président.
La répartition entre les diverses nations est fixée dans le tableau B (colonne e).
20 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Les fonctions de secrétaire sontremplies par le secrétaire de la comnlissierr impériale.
ART. 32. — A défaut de nomination notifié avant le 40, décembre• 1866 conformément à l'article 3 ; la commission impériale choisit les jurés étrangers parmi les personnes accréditées auprès d'elle par les divers gouVerliements.
ART. 33. — Le nombre de membres présents nécessaire pour rendre valables lesdécisions du jury est fixé à dix-huit. Les prix et les mentions honorabl es sont attribués à la majorité des voix. La grand prix ne peut être décerné qu'à la majorité des deux tiers.
AET. 34. —Les demandes et documents destinés à signaler, pour le nouvel ordre
de récompenses , une personne, un établissement ou une localité , doivent être adressés, avant le far décembre 1866 , au conseiller d'État , commissaire général.
Aar. 35. — Le jury tient une première session le 1, décembre 1866 , afin
d'arrêter les règles à suivre pour l'instruction des demandes et de commencer leur examen.
Aar. 36. — Dans une seconde et dernière session, du il avril au 14 niai 4867, le jury arrête définitivement la répartition et la destination des pris. Ces prix sont distribués en même temps que les autres récompenses, le lei juillet 1867.
Fait et délibéré par la commission. impériale, le 7 juin 1866.
Le Ministre d'État, Vice-Président,
Signé : E. ROMIER.
Le Secrétaire,
Signé : DE CHANCOURTOIS.
Pour aroplialion
Le Conseiller d'État, Commissaire générai,
Signé : le, LE PLAY.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. Si'
ORGANISATION MUSICALE.
. DOCUMENTS OFFICIELS.
Nous avons hâte d'arriver à la partie de l'organisation qui a plus particulièrement trait à la musique. Sans rechercher ici quels furent les inspirateurs des dispositions concernant l'introduction de certains éléments nouveaux, sans rappeler les polémiques ardentes soulevées à ce sujet, polémiques qui n'ont guère prouvé qu'une chose , le zèle généreux dont ceux qui les ont entretenues étaient animés en faveur de l'art, nous reproduirons simplement l'arr"-é suivant concernant l'exposition des oeuvres musicales. Cet arrêté fut accueilli avec une vive gratitude par le monde musical, non•seulement en ['rance, mais partout à l'étranger, car toutes les nations devaient en bénéficier également.
COMMISSION IMPÉRIALE.
Arrêté concernant l'exposition des oeuvres musicales.
Le ministre d'État et des finances, vice-président de la commission impériale ,
Vu les demandes adressées par un grand nombre de compositeurs et d'artistes français ou étrangers, tendant à obtenir que les compositeurs de musique trouvent place, comme producteurs, à l'exposition ;
Vu la délibération de la commission impériale en date du 7 février 1867; Considérant qu'il est opportun de faire figurer les oeuvres des compositeurs de musique à l'exposition ;
Qu'il importe également de faire-une large part à l'exécution musicale, qui est le complément indispensable do-l'art du compositeur
Qu'enfin il estutiled%dmettre rexposition l'histoire de la- musique, suivant le plan adopté, dans la galerie dite de l'histoire dm travail, pour les autres genres de production ;
ARRÊTE:
ART. — L'art de la musique sera représenté à l'exposition au triple point
de vue de la composition, de l'exécution et de l'histoire.
ART. Y. -- Les compositeurs français et étrangers sont appelés à concourir pour deux compositions musicales tendant à célébrer l'Exposition de 1867 et la paix qui en assureie réussite
La première, dite Cantate de l'Exposition , avec orchestre et, chteure, Gera d'autant mieux appropriée à sa destination, qu'elle sera plus courte;
22 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
La seconde , dite Hymne de la Paix, ne devra comprendre qu'un très-petit nombre de mesures.
Ans. 3. —Uneomité spécial, dit Comité de la composition musicale, est chargé de juger les oeuvres présentées et de désigner celles qui lui paraîtront le plus dignes d'être exécutées pendant le cours de l'exposition.
ART. 4. — Deux médailles d'or, deux médailles d'argent, deux médailles de bronze et six mentions honorables sont mises à la disposition du comité de la commission musicale pour récompenser les auteurs des oeuvres classées au premier rang.
Une somme dé 10,000 francs pourra en outre être attribuée, sur là proposition du comité , à l'auteur de l'oeuvre qui serait jugée digne de figurer à l'avenir , à titre d'hymne, dans les solennités internationales.
ART. 5. — Un comité spécial, subdivisé en trois sections, dit Comité de l'exécution musicale, est chargé d'organiser :
I° Des concerts avec orchestre et chceurs;
2° Des festivals et concours orphéoniques
3° Des concerts de fanfares, de musiques d'harmonie et de musiques militaires.
Ces concerts, auxquels toutes les nations sont invitées à prendre part, seront donnés dans la grande nef du palais de l'Industrie (Champs-Élysées) , pendant le mois de juillet 1867.
ART. 6. — Six médailles d'or, douze médailles d'argent, douze médailles de bronze, soixante mentions honorables, seront mises à la disposition du comité de l'exécution musicale, pour récompenser les artistes, les sociétés orphéoniques, les fanfares et musiques d'harmonie, ainsi que les musiques militaires, qui auront été classées aux premiers rangs.
Des récompenses particulières pourront en outre être décernées sur la proposition du comité.
ART. 7. — Un comité spécial , dit comté des concerts historiques, est chargé d'organiser une série de concerts, dans lesquels un petit nombre d'artistes éminents seront conviés à exécuter les compositions musicales les plus remarquables de diverses époques et de divers pays.
Le comité s'attachera, avec le concours des hommes compétents, à remonter aussi loin que possible dans le passé.
Ces concerts auront lieu dans la salle de Suffren, annexée au palais du Chatnpd e-Mars.
Aar. 8. — Le nombre des médailles nécessaires sera mis à la disposition du comité des concerts historiques.
ART. 9. — La distribution solennelle des récompenses décernées par les trois comités spéciaux aura lieu au palais de l'Indhstrie (Champs-Elysées), dans les premiers jours du mois d'août 186'7,
LES' INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
ART. IO. — Le conseiller &Etat, commissaire général , est chargé de l'exécution du présent arrété.
Paris, le 18 août 1866.
Le Ministre d'Étai et des finances, vice-président
de la commission impériale,
E. Rscnan.
Pour ampliation
Le Conseiller d'Etat, commissaire général,
F. es PLAY.
La conséquence de ce premier arrêté devait ètre un nouvel arrêté nommant les membres de ces divers comités. Le voici
COMMISSION IMPÉRIALE.
Arrêté nommant les membres des comités de l'Exposition des verres musicales.
Le ministre d'Etat et des finances , vice-président de la commission impériale,
Vu l'arrété , en date de ce jour, concernant l'exposition des oeuvres musicales,
ARRETE :
Aar. D'. —Sont nommés membres du comité de la composition musicale : MM. Rossini, président honoraire; Auber, de l'Institut, président; Berlioz, de l'Institut ; Carafa, de l'Institut ; Fénelon David ; Kastner, de l'Institut ; le général Mellinet ; Mermet ; le prince Poniatowski ; Reber, de l'Institut ; Ambroise Thomas, de l'Institut; Verdi ; Gounod, de l'Institut, secrétaire; L'Épine et Norblin, secrétaires-adjoints.
ART. 2. — Sont nommés membres du comité de l'exécution musicale :
dr° section (Concerts avec orchestre et choeurs) : MM. Felicien David, président; Victor Masset, Mermet, Édouard Rodrigues , Georges Maint , secrétaire. 2° section (Festivals et concours orphéon igues) : MM. Ambroise Thomas, de l'Institut, président ; le marquis de Réthisy,, Boieldieu, Jules Cohen, Léon Féret, Georges Haini ; Laurent de Billé, secrétaire.
- 3' section (Fanfares et Musiques d'harmonie, Musiques militaires) : MM. le général Mell i net, sénateur, président; Oscar Comettan t, Georges Kastner, Paulus, de Villiers; Émile Jonas, secrétaire.
Aire. 3. — Sont nommés membres du comité des concerts historiques : MM. Fétis, président ; Félix Clément, Delsarte, Gevaert, Reyer, Wekerlin , • Vérvoitte; Gastinel, secrétaire.
Am 4. Des -adjonctions de membres français et étrangers pourront être
faites sur la proposition des comités.
55 LÀ MUSIQUE, LES MUSICIENS
ART. 5. — Le conseiller d'État, commissaire général, est chargé de l'exécution du présent arrêté.
Paris, le IS février 1E51.
Le Ministre d'État et des finances, vice-président
de la commission impériale ,
E. ROIJFIER.
Pour ampliation
Le Conseiller d'État', commissaire génëral,
F. LE PLAY.
Les intérêts de la musique et des musiciens étaient, on le voit, remis entre les mains de comités dont les membres offraient à divers titres toutes les garanties désirables. La commission impériale leur ouvrit à tous un crédit suffisant pour mener à bonne fin leur entreprise. Si plus tard quelques restrictions inattendues furent apportées à ce magnifique programme, ce ne sont là que des taches au soleil de la commission , et il faut pardonner aux astres les plus lumineux comme aux obscurs mortels de n'être pas parfaits.
Ces taches, du reste, ont été de plus d'un genre. Par exemple, qu'est-ce que cette cantate, « d'autant mieux appropriée à sa destination qu'elle sera Plus courte ? n Même observation en ce qui concerne les hymnes. Aurait-il clone fallu rejeter un beau chant national parce qu'il aurait dépassé les proportions étriquées « d'un petit nombre de mesures n? On s'est amusé quelque peu de cette partie du programme de la commission faisant appel à tous les musiciens français et étrangers pour leur recommander d'écrire le moins possible.
Évidemment il n'y avait là aucuno intention jalouse, aucune façon de retirer d'une main ce qu'on tendait de l'autre. La commission. on agissant ainsi, croyait agir dans l'intérêt des compositeurs et obéir aux circonstances ; elle s'est trompée. Elle devait s'en rapporter pour ce soin à l'expérience des compositeurs au comité de l'exécution musicale, à qui il appartenait d'entrer dans le détail du programme, et d'empêcher les concurrents de s'égarer dans des développements inopportuns. C'est, sans doute, aussi pour obéir aux exigences de la situation que la commission avait restreint le concours de composition à une cantate et à un hymne sans accompagnement, en écartant les autres genres de productions musicales, tels que symphonie, opéra, nautique de chambre, choeurs orphéoniques, fanfares et musiques d'harmonie, que pourtant il eût été juste d'admettre, si on n'avait eu à considérer que les progrès de l'art et l'émulation des artistes.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
Au reste, il faut reconnaître, en ce qui touche les dimensions des pièces mises en concours, notamment de la cantate, que le comité a, par ses instructions particulières, corrigé ce qu'il y avait de rétréci dans le projet de la commission. Les auteurs ont été retirés du lit de Procuste sur lequel on les avait d'abord placés, et toute liberté leur a été accordée de produire des chefs-d'oeuvre. Si les chefs-d'oeuvre n'ont pas été communs, la 'faute n'en est, en définitive, ni à la commission impériale ni au comité. '
Voici l'avis officiel par lequel le comité de la composition musicale précise les conditions du concours et détermine la nature des récompenses :
COMITÉ DE LA COMPOSITION MUSICALE.
L'arrêté de Son Excellence le ministre d'État et des finances, vice-président de la commission impériale, en date du 18 février 1867, instituant l'exposition des oeuvres musicales, porte :
Art, 2. — Les compositeurs français et étrangers sont appelés à concourir pour deux compositions musicales tendant à célébrer l'Exposition de 1867 et la paix qui en usure la réussite.
n La première, dite Cantate de l' exposition , avec orchestre et choeurs, sera d'autant mieux appropriée à sa destination qu'elle sera plus courte.
La seconde, dite Hymne de la Paix, Redevra comprendre qu'un très-petit nombre de mesures. 0
Le comité de la composition musicale a pris, dans sa première séance, les décisions suivantes relatives à l'application de cet article :
Les paroles de la cantate et celles de l'hymne sont mises au concours. Indépendamment des récompenses attribuées par l'article 4 aux musiciens, une médaille d'or sera décernée à chacun des deux auteurs des paroles choisies par le comité.
La cantate de l'exposition devra être écrite pour soli et choeurs.
L'hymne de la Paix ne devra pas contenir plus de quatre strophes de huit vers au plus chacune, toutes rhytlimées de la méme manière et finissant par une rime masculine.
Les manuscrits, revêtus d'une épigraphe, devront être parvenus au commissariat général de l'Exposition universelle, avenue de La Bourdonnaye, au plus tard le IO avril 4867, à midi. Ils seront sous pli cacheté, à l'adresse du conseiller d'État commissaire général. Le même pli contiendra une enveloppe scellée renfermant l'épigraphe, ainsi que le nom et l'adresse de l'auteur.
Les paroles choisies pour la cantate et pour l'hymne seront immédiatement publiées au Moniteur,
26 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
• LeS compositeurs devront envoyer leurs manuscrits dans les formes indiquées ci-dessus pour les paroles, avant le juin 1867, à midi.
Paris, le 12 mars 1867.
Annan, membre de l'Institut, président ; BERLIOZ, de l'Institut ; FÉLIrusa DAVID; GAUTIIIER; KASTNER, de l'Institut ; le général MELLINET, sénateur ; Ambroise TFIOM.AS, de l'Institut; L'Élime, secrétaire.
Après cet avis nous avons celui-ci
COMITÉ DE LA COMPOSITION MUSICALE.
Avis.
I. Le § /el de l'article 4 de l'arrêté du 18 février 1867, concernant l'exposition des œuvres musicales, est ainsi conçu :
Deux médailles d'or, deux médailles d'argent, deux médailles de bronze et six mentions honorables sont mises à la disposition du comité de la composition musicale , pour récompenser les auteurs des ouvres classées au premier rang.
Conformément aux conclusions du rapport adressé par le comité de la composition musicale à Son Excellence le ministre d'État et des finances, vice- président de la commission impériale, et approuvé par lui;
Attendu que l'appel fait à tous les compositeurs étrangers et français n'a pas pour but un classement par ordre de mérite, mais bien le choix d'une œuvre unique dans chacun des deus; genres désignés par l'arrêté du 18 février 1867 ; Attendu, en outre, qu'il importe de présenter au public, à la suite de tout concours, les couvres récompensées, ce qui, dans le cas présent, ne saurait avoir lieu, une seule cantate et un seul hymne devant être exécutés ;
Le comité arrête qu'il ne sera décerné aux musiciens comme aux poêles que deux prix : l'un pour la cantate de l'exposition , l'autre pour l'hymne à la paix,
Il. Les poètes et les compositeurs de musique sont prévenus que, pour mieux assurer le secret du concours, tout manuscrit qui n'aura pas été réclamé un mois après le prononcé du jugement, sera brûlé.
Le second paragraphe de l'article 4 de l'arrêté du 18 Février 1867 est ainsi conçu :
Une somme de 10,000 fr. POURRA en outre être attribuée', sur la proposition du comité, à l'auteur de l'oeuvre qui sera jugée digne de figurer à l'avenir, à titre d'hymne, clans les solennités internationales.
Attendu qu'il est juste de récompenses' aussi bien le mérite du poète que celui du musicien,
Il sera fait deux parts égales do la somme de 10,000 fr. mise à la disposition du comité.
IV. Les récompenses se trouveront donc ainsi réparties':
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 27
Cantate de l'Exposition.
Une médaille d'or pour Fauteur des paroles; Une médaille d'or pour l'auteur de la musique.
Hymne de la paix.
Une médaille d'or pour l'auteur des paroles;
Une médaille d'or poui' l'auteur de la musique.
Dans le cas seulement où le comité jugerait que les conditions indiquées par le second paragraphe de l'article 4 de l'arrêté du 18 février 1867 ont été remplies :
5,000 fr. pour Fauteur des paroles de l'hymne;
5,000 fr. pour l'auteur de la musique.
V. La valeur de chacune dos médaillés sera de 1,000 fr.
Paris, le18 mars 1807.
Rassira, président d'honneur; AUBER, de l'Institut, président; BARBIER (Jules); BANVILLE (Théodore DE); Benuoz, de l'Institut ; CAnitra, de l'Institut; DAVID ;Félicien); GAUTIER (Eugène); GAUTIER (Théophile); KASTNER (Georges), de l'IDSHILM; LECONTE DE LISLE; MELLINET (le
général); PONIATOVVSKI (le prince); Emma, 'de SAINT-
GEORGES (DE); THIERRY (Édouard); THOMAS (Ambroise), de l'institut; -VERDI;
L'ÉPINE, SeCrétaire chi Comité.
Le document qu'on vient de lire était suivi dans les colonnes du Moniteur (6 avril 1867) de cet autre avis, par lequel le comité propose de s'adjoindre quatre membres étrangers.
EXPOSITION DES ŒUVRES MUSICALES.
COMITÉ DE LA COMPOSITION MUSICALE.
Ans.
I. Le comité de la composition musicale ayant décidé, dans sa séance du 12 mars courant, que les paroles de la cantate de l'Exposition et celles de l'hymne à la Paix seraient mises au concours, a cru devoir s'adjoindre plusieurs poètes et auteurs dramatiques qui prendront part au dépouillement et au jugement des manuscrits qui lui auront été adressés.
En conséquence, b1M. Théodore de Banville, Jules Barbier, Théophile Gautier, Leconte de Lisle, de Saint-Georges et Édouard Thierry sont appelés à faire partie du comité dela composition musicale.
3
RS LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Il. L'article 2 de l'arrété du 18 février 1867 est ainsi conçu :
Les compositeurs français et étrangers sont appelés à concourir pour deux compositions musicales tendant à célébrer l'Exposition de 1867 et lapait qui en assure la réussite,
Ce concours ayant un caractère éminemment international , le comité de la composition musicale a décidé de s'adjoindre plusieurs membres étrangers, dont le nombre a été fixé à quatre.
MM. les commissaires accrédités auprès de la commission impériale seront informés que quatre places sont offertes, dans le comité de la composition musicale; à des compositeurs étrangers. Ils auront à faire, d'un commun accord, le choix de ceux qu'il leur conviendra d'y voir figurer.
Les fonctions de ces nouveaux membres commenceront au moment du dépouillement des envois faits par les compositeurs de musique.
III. Il demeure convenu que les membres du comité de la composition musicale, soit qu'ils aient été nommés par l'arrété de S. Exc. le vice-président de la commission impériale, ministre d'État et des finances, en date du 18 février dernier, soit qu'ils aient été appelés depuis dans son sein par le comité lui-même, renoncent à prendre part au concours pour la cantate de l'Exposition et l'hymne à la paix.
Paris, le 18 mars 1861.
Ilossim, président d'honneur ; ADRER, membre de l'institut, président ; BERLIOZ , de l'Institut ; CARAFA , de l'Institut; DAVID (Félicien); GanTIER (Eugène) ; KASTNER (Georges) , de l'Institut MELLINET (le général); Poo I AT6 \VSKI (le prince); RUER, de l'Institut; THOMAS (Ambroise), de l'Institut ; VERDI.
Ernest L'Ems , secrétaire du Comité.
Il fallait maintenant songer aux paroles, et -VOICI en quels ternies le comité a fait appel aux poétes
EXPOSITION DES ŒUVRES MUSICALES.
COIIITÉ DE 1.s. COMPOSITION MUSIC LE.
Avis.
Les paroles de la Cantate de l'Exposition et celles de l'Hymne de le Paix sont mises au concours.
Indépendamment des récompenses attribuées par l'article 4 aux musiciens, une médaille d'or sera décernée à chacun des deux auteurs des paroles choisies par le comité.
La cantate de l'Exposition devra être écrite pour soli et choeurs.
L'hymne de la paix no devra pas contenir plus dé quatre strophes de huit vers au plus chacune, toutes rhythmées de la même manière et finissant par une rime masculine.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
Les manuscrits, revêtus d'une épigraphe, devront être parvenus au commissariat général de l'Exposition universelle, avenue de La Bourdonnaye , au plus tard le 10 avril 1807, à midi. Ils seront sous pli cacheté, à l'adresse du conseiller d'État commissaire général. Le m6-fie pli contiendra une enveloppe scellée renfermant l'épigraphe , ainsi que le nom et l'adresse de l'auteur. Les paroles choisies pour la cantate et pour l'hymne seront immédiatement publiées au Moniteur. Les compositeurs devront envoyer leur manuscrit dans les formes indiquées ci-dessus pour les paroles avant le juin 1807, à midi.
Paris, le 12 février 1867.
AUBER, membre de l'Institut, président; BERLIOZ, de l'Institut; Félicitai DAVID ; GAUTIER; KASTNER , rte l'Institut ; le général Matmixer, sénateur; Ambroise Tueuse, de l'Institut; L'Érine, secrétaire.
On voit que des changements se sont opérés dans la composition du comité. M. Gounod a résilié ses fonctions de secrétaire à dater du premier avis officiel du comité , et il est remplacé par M. Ernest L'Épine. M. Norblin semble avoir donné sa démission, et Verdi brille par son absence. Bientôt pourtant nous verrons reparaître la signature de l'auteur du Trovalore , et nous constaterons la présence d'un nouveau membre, M. Rameur], Quant à M. Norblin, il s'était retiré pour toujours du comité, après une polémique rendue publique entre lui et M. Ernest L'Épine. Les documents échangés entre ces Messieurs étant de nature à fixer un point important de l'histoire de la musique à l'Exposition, nous les reproduisons ici. C'est M. Norblin qui ouvre le feu dans les colonnes du Figaro.
MONSIEUR ,
a Vous avez reproduit, dans votre numéro du 19 courant, une note du Ménestrel, dans laquelle il est dit t que tout l'honneur d'une décision prise par la commission supérieure, concernant l'exposition auditive des œuvres musicales, doit revenir à M. Ernest L'Épine ».
Permettez-moi, Monsieur, de recourir à votre obligeance habituelle pour protester contre une telle assertion et réclamer la priorité en faveur de MM, Auber, Rossini , Carafa, Clapisson , Ambroise Thomas , Berlioz , Gounod, V. Massé , Félicien David, Menuet, le général blellinet , Wekerlin, Ch. Deneb, Kastner et Ad. Blanc, qui, les premiers (ainsi qu'on peut le constater), ont , sur mon initiative, adressé, par l'intermédiaire de la commission impériale, une pétition à Sa Majesté, tendant à obtenir l'admission des compositeurs de musique non-seulement à l'Exposition universelle de 1807, mais à toutes nos expositions.
Je suis certainement heureux de m'être rencontré avec un homme aussi distingué que M. Ernest L'Épine sur le champ du progrès, et d'être arrivé à la
30 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
réalisation d'une idée généreuse et au triomphe d'une cause éminemment juste, que sans nous en douter nous défendions mutuellement ; mais je tiens avant tout à rétablir les faits, en rendant aux illustres maîtres, qui m'ont prêté toute l'autorité de leur nom , la juste part qui leur revient dans une question qui intéresse si vivement l'art musical et ses apôtres.
Agréez, monsieur le rédacteur, etc.
rt Émile NORMAN.»
M. Ernest L'Épine ne fait pas attendre sa réplique. Voici la lettre qu'il adresse à son collègue par l'entremise du même journal :
Menstkun ,
On vient de m'apporter le Figaro d'aujourd'hui. J'y trouve une lettre dans laquelle vous protestez contre certaine note du Ménestrel qui m'attribue la priorité de l'idée récemment adoptée par la commission supérieure, qui ouvre aux compositeurs de musique les portes de l'Exposition universelle.
r Peut-être, alors qu'on nous appelait tous deux à faire partie, au même titre, du comité de la composition musicale , eût-il été mieux de vous adresser à moi avant d'avoir recours à la presse. C'est là une question de convenance que vous apprécierez à tête reposée. Je vous eusse évité une fausse démarche, et je veux croire que, mieux éclairé, vous n'eussiez pas mis en avant à la légère les noms si respectables Mie vous citez.
Enfin , puisque vouS-tenez à entretenir de nous le public, vous m'obligez, bien malgré moi, à vous l'épi-nuire.
Vous revendiquez au profit de 51M. Auber, Rossini, Carda, Clapisson, Ambroise Thomas, Berlioz, Gounod, V. Massé, Félicien David, Mermet, le général
Wekerlin, Ch. Banda, Kastner et Ad. Blanc (en ai-je oublié?) la priorité de l'idée mise en pratique par la commission supérieure, et vous appuyez cette assertion de ces simples mots Q Ainsi qu'on peut le constater Il eût été trop simple , sans doute, d'indiquer la date de cette campagne, dans laquelle, entouré d'un aussi brillant état-major, vous avez joué le rôle de générai en chef. Cependant, si simple que tût la tache, vous allez voir que, même pour vous, elle n'était pas à dédaigner.
« Pour moi, qui n'ai pas les mêmes motifs de négliger les dates, pardonnez- moi d'en citer quelques-unes.
« Le 17 décembre 1854, — il y a de cela quelque douze ans, — je faisais paraître dans le Ménestrel un article dans lequel je développais un projet d'Auditions périodiques des oeuvres musicales des artistes virants, H eut assez de retentissement pour m'attirer deux « réclamations • qui parurent dans ce mêmejournal la première, datée du 24 décembre 1854, était de M. Wekerlin : il protestait au nom de la société Sainte-Cécile ; la seconde, datée du 27 décembre, était de 51M. Pasdeloup et Batiste, qui, à leur tour , déclaraient au nom de la société de; Jeunes-Artistes que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes
ET LES INSTRUMENTS DE. MUSIQUE. 31
possibles, et que les jeunes compositeurs seraient des ingrats, s'ils n'étaient pas satisfaits des moyens mis à leur disposition pour se produire.
t Il parait cependant. que les artistes et le public ne furent pas de cet avis , puisque la société Sainte-Cécile est morte peu de temps après, et que M. Pasdes loup, modifiant quelque peu son programme, a prodigué et prodigue encore les encouragements à Beethoven, Mozart, Mendelssohn, etc., bienveillance dont je ne le blàtne pas , mais insuffisante pour les auteurs qui ont le tort d'ètre encore vivants.
r Il résulte au moins de ce qui précède que M. Wekerlin ne doit pas figurer sur votre liste, puisqu'en 1854 il connaissait l'idée dont vous revendiquez pour lui un dix-septième de paternité. Jr. fais trop de cas du caractère de M. Welter- lin pour croire qu'il vous a autorisé à parler en son nom.
s Le 14 janvier 1855, je répondis à ces messieurs que ce que je demandais, c'était le patronage du gouvernement, un jury imposant, des récompenses enviables, une périodicité annuelle, ce que l'on accorde enfin depuis tant d'années aux peintres et aux sculpteurs. J'ajoutais :
Société Sainte-Cécile, société des Jeunes-Artistes, Orphéon, etc., se tenant par la main, devraient aller trouver M. Auber, qui représente l'École française, et lui clive : r Mettez-vous à notre tête, et demandons au gouvernement de nous autoriser à faire entendre tous les ans, sous son patronage, les oeuvres importantes des artistes vivants ». — Que toute pensée personnelle s'efface devant l'intérêt général, il y aura place pour tous les amours-propres. Croyez- moi, ne vous mettez pas devant la lumière dans le seul but de projeter une grande ombre.
s Vous voyez, Monsieur, que le choix du président ne vous appartient même pas.
t L'ébauche que je proposais dans le Ménestrel contenait ce passage
« L'Exposition universelle anglaise de 1851 diffère de l'Exposition universelle de 1855 en ce sens que la première était spécialement industrielle, tandis que la seconde sera à la fois industrielle, agricole et artistique. Pour que l'exposition réponde à son programme sous ce dernier point de vue, il faut qu'une place y soit réservée à la musique. C'est la conséquence logique du mot artistique placé en tête du décret. Ce que j'ai dit plus haut pour une audition périodique s'applique à l'Exposition universelle de 1855.
Appeler toutes les écoles au concours, les 'nasiques allemande, italienne, etc., auprès de la musique française ; — autorises-, encourager même les orchestres et les chanteurs étrangers à venir faire entendre les oeuvres de leurs nationaux • ne serait-ce pas un début digne de la fondation des audi tiens périodiques? Serait-ce donc impossible, et ce concours ne serait-il pas d'une grande utilité pour l'art et pour les artistes ?
Ce programme est de 1854 ; veuillez bien dire quelle est la date du votre ?
« Au lieu de se donner la main, on s'est croisé les bras. Je n'ai pas perdu courage, bien décidé, dans l'obscurité de ma conviction, à faire résonner périodiquement sas même note, sans souci de ceux auxquels elle déplairait.
« En 1862, des artistes se groupèrent et fondèrent la « Société des campo-
31 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
siteurs ». On voulut bien me convier à en faire partie, et le 31 janvier 1863, on eus demanda de développer mon projet d'auditions périodiques. M. Ambroise Thomas présidait cette séance ; veuillez denC effacer son nom de votre liste, comme vous avez déjà effacé celui de M. Vekerlin. -
a Tout le monde m'approuva, mais cette fois encore personne ne me seconda. Que n'étiez-vous là, Monsieur 1... Mais, enfin, vous e'y étiez pas, et je continuai seul la lutte.
Le décret du 22 juin 1863, relatif à l'Exposition universelle de 1867, et le rapport qui l'accompagnait, nie parurent les plus encourageants du monde, et le Il octobre 1863, je revins à la charge. Je publiai dans le Constitutionnel un article que toute la presse reproduisit en l'accompagnant d'encouragements (ainsi qu'on peut le constater). M. Ambroise Thomas voulut bien m'éCrire à ce sujet une lettre que j'ai précieusement conservée. (Vous avez effacé son nom , n'est-ce pas ?)
a M. Gounod écrivit également : a J'abonde entièrement dans le sens du travail de mon ami Ernest L'Épine, dans lequel je ne vois que de très-nobles voeux pour l'avenir de l'art musical et de ceux qui s'y dévouent; et mon adhésion est d'autant plus complète que je ne découvre dans son projet rien de ce qui pourrait le faire accuser d'utopie. S'il y a là quelque chose d'irréalisable, ce quelque chose m'échappe entièrement.
a Encore une rature sur votre liste, je vous prie.
a Divers travaux m'appelant journellement à l'exposition, il y a été souvent question de mon projet. Omm'a dit que la paternité de ce vieil enfant avait été revendiquée par diverses personnes ; je n'ai rien dit, rie demandant qu'une chose à ces pères attardés : assurer l'avenir de l'enfant.
a Mais aujourd'hui que l'on a proteste », — je suis sûr que vous commencez à trouver le mot plaisant, — il me faut bien sortir de mon silence. D'ailleurs, puisqu'il est convenu qu'en France on fait la guerre pour les idées, en ayant eu une par hasard, il m'est, je l'espère, permis de la défendre.
« Tant qu'a duré la lutte, j'ai marché seul ; aujourd'hui que la bataille est gagnée en partie, vous allez voir, Monsieur, sortir de tous les trous de taupe des généraux victorieux. Cela ne me surprend ni ne tn'afflige; c'est l'ordinaire, et l'important est d'avoir réussi.
Vous allez être d'ailleurs à l'aise pour mener à bien l'entreprise qui vous tient à coeur, car j'ai donné ma démission de secrétaire adjaint du comité de composition.
a Je me retire, et suis d'autant plus tranquille aujourd'hui, que je vois quel champion vous êtes, et quelle ardeur vous mettrez à faire triompher une idée que vous aimez d'une façon aussi paternelle. Puisque vous n'avez qu'à lever là main pour que les premiers d'entre les premiers compositeurs vous escortent, j'abdique.
Permettez-moi toutefois de poursuivre obscurément et en tirailleur la (tain-
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 33
pagne quej'avais entreprise, sans me douterequJ l'honneur, si honneur il y a, vous en revînt tout entier
« Je vous souhaite bon succès, Monsieur, et vents prie d'agréer l'assurance de ma parfaite considération. Ern. L'ÉPINE. »
Le projet de M. L'Épine 't'était pas tout à fait celui de M. Norblin, et, de son côté, M. Ramoné avait, bien avant l'ouverture de l'exposition, élaboré un projet d'exposition musicale, lequel, après avoir été présenté à M. Le Play, et soumis, d'après le conseil du commissaire général, aux membres du comité d'admission de la classe 40, obtenait l'assentiment de ce comité à l'unanimité '. Au reste, personne ne peut se dire l'inventeur de semblables projets, qui sont dictés par un sentiment de justice, en présence de nombreux intérêts à satisfaire. Revenons aux travaux du comité.
Le ministre d'État et des finances, vice-président de la commission, ayant autorisé le concours de poésie décidé par le comité, les conditions de ce concours furent publiées. Nous ne saurions mieux faire que de donner, sur le résultat de ce premier concours, le rapport du comité même.
EXPOSITION DES ŒUVRES MUSICALES.
COMTÉ te, LA CONPOSITION AtESICALE.
Rapport adressé à S. Exc. le Ministre d'État et des finances, oice-présideiit de la Commission impériale de l'exposition universelle, par le Comité de la composition musicale.
MONSIEUR LE MINISTRE,
Par suite d'une délibération de la commission impériale eu date du 7 février ISM, Votre Excellence a pris un arrêté qui porte que les compositeurs
1. Avant que le comité de la classe 10 mit examiné et approuvé- lo projet de M. Ramoné, Rossini le patronnait. Voici en quels termes il recommande l'auteur de ce projet au prince Poniatowski. La lettre est écrite en italien ; nous la traduisons en français
TRES—CHER PRINCE, COLLÈGUE ET AMI,
a Mon jeune ami, le baron Ramond, auditeur au Conseil d'État, attaché à la commission impériale de l'Exposition delS67, sera porteur de ces quelques lignes. Il désire t'entrea tenir do vastes projets qu'il a conçus en vue de la future exposition. Reçois-le avec ta ,. courtoisie habituelle ; c'est un amateur distingué de musique, digne à tous égards de tes « conseils et de ta protection. J'ai la certitude d'être pleinement exaucé, et t'en adresse mes remerciments anticipés les plus vifs.
« Le vieillard de Pesaro, qui sera toujours
tout à toi pour la vie,
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